Qu'est-ce que ça change ?
Muller-Colard, Marion. Croire : qu’est-ce que ça change ? Labor et Fides, 2025.
[…] la Bible, c'est un éloge de la diversité et même des contradictions; être confronté à la Bible, c'est peut-être aussi être confronté à nos propres contradictions. Dans nos esprits contemporains d'Occidentaux, la diversité induit malheureusement rapidement la construction d'une hiérarchie. Maintenir la diversité sans hiérarchie est l'enjeu d'une lecture « intelligente » de la Bible pour en désamorcer l'instrumentalisation politique, éthique ou théologique.
Römer, p. 24
Se tromper cent fois sans être dupe, c'est une bien subversive façon d'être très intelligent. Avoir compris que croire est non seulement un pari mais aussi un parti pris – le meilleur, pour forcer un peu le monde vers un cercle plus vertueux que vicieux. Car croire, c'est aussi l'adhésion minimale qu'il faut à toute entreprise pour lui donner une chance.
Muller-Colard, p. 80
Photo de Aaron Burden sur Unsplash
Site de l'éditeur : La Bible – Croire

Colon ne s'écrit pas au féminin
Plan d'ensemble des 4 villages de Aïn-Arnat, Bouhira, Messaoud et Mahouan, formant le premier groupe de la colonie suisse – Archives nationales d'outre-mer
Sans mener une politique coloniale en tant qu'état, la Suisse est souvent plus impliquée qu'elle ne l'imagine dans ce mouvement expansionniste. Comme le présentait déjà l'exposition du musée national Colonialisme, une Suisse impliquée, son rôle n'a pas été anodin, ni en Suisse, ni dans les pays concernés.
Le roman de Lolvé Tillmanns, en adoptant un regard féminin sur l'histoire de la Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif, apporte de la nuance à un sujet souvent clivant.
– Vous êtes trop modeste, mon ami. La compagnie a parfaitement réussi sa transformation, vous êtes devenu un grand propriétaire terrien qui fait exploiter sa terre par les meilleurs métayers indigènes, sans plus se soucier de problématiques colons suisses. Que demander de plus ?
p. 309
Lire plus…Kodai
Musée romain, Vidy, Lausanne
Fascinés par la Grèce antique, certains intellectuels japonais du XIXe s. voyaient une continuité entre les cultures grecques et nippones. Une interprétation qui légitimera une politique expansionniste au siècle suivant. Après la faillite de cette politique, les mangakas et les producteurs d'anime, ont apporté un peu d'insouciance et se sont souvent inspiré d'œuvres occidentales, comme le Heidi d'Isao Takahata.
Photo de Moujib Aghrout sur Unsplash
Lire plus…DJ Bambi

Quand les gens me définissent comme une personne qui a jadis été un homme ma seule réponse consiste à leur expliquer que j'ai toujours été une fille.
p. 114
Photo de Baran Lotfollahi, portraitiste iranienne sur Unsplash

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I dreamt of you in colours
MCBA Lausanne
Site du musée
Eléonore Sulser pour Le Temps
Florence Grivel pour RTS Culture

La maison vide
Que se cache-t-il derrière les volets clos d'une maison délaissée ? En tournant la poignée de la demeure abandonnée, le narrateur se remémore les objets, puis celles et ceux qui les ont utilisés ; il ouvre aussi la porte à l'histoire de sa famille. Un récit indubitablement lié aux développements sociaux.C'est parce que je ne sais rien ou presque rien de mon histoire familiale que j'ai besoin d'en écrire une sur mesure, à partir de faits vérifiés, de gens ayant existé, mais dont les histoires sont tellement lacunaires et impossibles à reconstituer qu'il faut leur créer un monde dans lequel, même fictif, ils auront chacun eu une existence.
p. 616
Toutes ces voix, ce sont les mots à peine transformés de Marie-Ernestine qui sont venus jusqu'à moi ; je les accueille, je laisse grandir et se multiplier les images et les odeurs, les secrets qu'ils contiennent, je les laisse inventer leur histoire […]
p. 48
Par quelques incises, Laurent Mauvignier montre que ce récit le touche personnellement. Ces éléments contextuels détonnent par un vocabulaire contemporain alors que le langue foisonnante de son roman est comme inscrite dans le monde immuable d'une langue choyée.
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