James

"Wooding up" on the Mississippi / Fanny F. Palmer

Everett Percival. James. Éditions de l’Olivier, 2025

En cet instant, le pouvoir de la lecture m'apparut clairement, dans toute sa réalité. Si je voyais les mots, alors personne ne pouvait contrôler ces mots ni ce que j'en retirais. On ne pouvait même pas savoir si je les voyais seulement ou si je les lisais, si je me contentais de les déchiffrer ou si je les comprenais dans leur globalité. C'était une pratique absolument intime, absolument libre et, par conséquent, absolument subversive.

p. 89


À la veille de la Guerre de Sécession, dans le bassin du Mississippi, le Noir ne peut être qu'esclavasigé. Détournant les personnages des célèbres Aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain, Everett fait pourtant de Jim, esclave, son héros.
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Contraint de se soumettre à cet implicite, James se cache sous le pseudonyme de Jim et adopte le langage simpliste que leur prête les Blancs. Manquant plusieurs fois de se révéler aux oreilles de Huck par sa parfaite diction et sa culture, Jim se trouve dans des situations cocasses qui permettent à l'auteur de retourner le stigmate racial.

Le regarder ainsi me fit prendre toute la mesure du pouvoir que lui conférait sa couleur de peau. À elle seule, elle avait suffi à déstabiliser l'esclave dans la salle des machines, et à le soumettre. Même si Norman avait l'air d'être le plus pauvre et le plus infortuné des Blancs, il n'en inspirait pas moins la crainte et le respect.

p. 272


Après avoir été séparé de son ami Huck, dans une improbable scène de retrouvailles, Jim se présente transformé à ce dernier. Désormais, en assumant sa riche personnalité, il se libère des injonctions qui le maintiennent dans l'infériorité et entraine dans sa quête qui veut bien le suivre.

Site de l'éditeur
Vertigo - RTS culture
Lucile Commeaux dans Un regard culturel – France Culture
Jean-François Schwab pour Le Temps