L'île de sable

Survivre à l’oubli : quand l’archéologie redonne voix aux victimes de l’esclavage
Laténium

Dans la nuit du 31 juillet 1761, la flûte l’Utile fait route de Foulpointe sur la côte est de Madagascar où elle s’est avitaillée, vers l’île de France (Maurice). Elle a aussi embarqué, clandestinement, 160 esclaves malgaches. Cette nuit-là, le navire fait naufrage sur les récifs de l’île de Tromelin. Les rescapés, 120 marins et 80 esclaves, après avoir creusé un puits, construisent une embarcation de fortune, La Providence, qui, le 27 septembre 1761, emporte les Français vers la civilisation, abandonnant les Malgaches. Se pencher sur la vie de ces naufragés qui vécurent totalement coupés du monde extérieur, c’est essayer de retrouver les marques de leurs efforts quotidiens pour se nourrir et se protéger des aléas climatiques. C’est aussi tenter de déceler les indices de leur détresse, de leur solitude, de leur énergie à puiser en eux-mêmes des raisons de survivre et de reconstruire un lien social.

Max Guérout, Thomas Romon
Archéopages 38/2013


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Conformément à la promesse faite lors de leur abandon, les rescapés malgaches – sept femmes et un enfant de huit mois – seront recueillis quinze ans plus tard. Alors que les circonstances du naufrage et les tentatives de retourner sur l'îlot sont documentées, les quinze ans de vie des survivants abandonnés restent une énigme.
Les fouilles archéologiques de cet espace isolé ont permis d'identifier les stratégies mobilisées par les esclaves bien distinctes du récit de Robinson (1719). Outre l'apport de l'archéologie à la compréhension historique, cette exposition invite à interroger l'altérité en confrontant le récit de l'équipage au silence des capturés.



Site de l'exposition
Association des professeurs d'histoire et de géographie
Hugo Cusino pour Le Temps
Alexandre Steiner pour Le Temps
Fanny Wobmann raconte la traversée, le naufrage et l’abandon des esclaves à Tromelin
Terres australes et antarctiques françaises – Îles éparses