Presque un paradis

Presque un paradis – La photographie de l’époque coloniale dans l’art contemporain
Musée Rietberg

Œuvre de Daniel Boyd, agrandissement d'une photographie représentant des personnes du Vanuatu et d'autres îles du Pacifique réduites en esclavage dans une plantation de sucre en Australie


L’analyse critique de l’iconographie de l’époque coloniale ne fait pas disparaître comme par magie l’injustice, sinon ces disparités n’existeraient pas. Mais elle est essentielle. Elle met au jour des pans d’histoire passés sous silence, remet en question les récits dominants et maintient la conscience éveillée.

Omar Victor Diop & Lee Shulman, 2026


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mariage 1953

Comment une institution telle que le Musée Rietberg montre-t-elle ses collections dans le contexte post-colonial et dans une ère où le poids de l'image est fortement questionné ?
Les mises en scène photographiques, comme celle de ce mariage en 1953, sont corrélées à une époque et à la représentation de la société correspondante. Pensées comme objectives, ces représentations témoignent davantage d'un ordre social que du vécu des personnes représentées.
L'exposition du musée zurichois permet aux artistes invités d'exprimer leurs émotions face à la représentation occidentale de leur culture. Une « déconstruction » qui interroge la mise en scène contemporaine de soi sous l'impulsion des réseaux sociaux. Et qui questionne la pérennité des collections ethnographiques : si elles ont trop souvent hiérarchisé les cultures, elles restent pourtant des lieux de connaissance où chacun·e peut prendre conscience de l'altérité. Les condamner n'en rendrait pas plus visible le passé des civilisations extra-européennes et constituerait une véritable cancel culture.


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